Tarots (eBook)
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Tarots (eBook)

Prix
4,99 €
TTC

Un tueur en série ayant pour signature une carte de tarot sévit à Marseille. Le commissaire Mancini va mener une enquête dangereuse, dans laquelle la folie rythme ce jeu de piste macabre...

Auteur : Bernard MATTEÏ

Prix : 4,99 € TTC

Quantité

Marseille. Une femme de ménage, un chercheur de haut niveau, un aliéné mental sont tour à tour assassinés, selon un même mode opératoire. À chaque fois, le meurtrier laisse sur place une carte du Tarot de Marseille. Sa signature. Mais quel peut être le lien unissant ses victimes ?

Le commissaire Mancini, avec l’aide de son ami Jérôme Chaudoin, ex-archiviste de la Criminelle, va être entraîné dans un jeu de piste auquel l’assassin l’a convié. Commence alors une traque sans merci…

9782367910505

Fiche technique

Auteur
Bernard MATTEÏ
Nombre de pages
206 pages
Format
eBook
Genre
Roman policier
Année parution
2015

Ils étaient attablés au Caveau Royal. Le petit restaurant, perdu au fond d’une ruelle du quartier de l’Opéra, n’offrait qu’une demi-douzaine de tables et un décor des plus rustiques, mais selon Chaudoin, proposait la meilleure cuisine de Marseille.

Ils y avaient leurs habitudes. La numéro 4, au fond de la salle, le plus loin possible de l’entrée. Mancini craignait les courants d’air. Chaudoin en souffrait, toujours avide d’air frais. Mais il laissait faire, soucieux du bien-être de son ami.

Le commissaire venait de raconter comment le chercheur émérite s’était retrouvé étranglé sur la table de massage. Jérôme Chaudoin grappillait çà et là quelques olives au thym servies avec l’apéritif. Il réfléchit à haute voix.

— Donc, la kiné danoise a été droguée et attachée sur son lit… Elle a pu donner une description de son agresseur ?

— Pas du tout ! Il a utilisé la ruse. Surprise, elle n’a même pas eu le temps de se défendre : une piqûre de morphine et elle a sombré en quelques secondes. L’assassin l’a remplacée et, après avoir massé Frédéric Saint-Martin, l’a étranglé.

Jérôme Chaudoin prit un air grave.

— On le savait déterminé et bien organisé, mais on découvre peu à peu toute la palette de ses talents… Il faut quand même être un bon comédien pour endormir la méfiance d’un patient, non ?

Mancini tiqua.

— Je n’emploierais pas le mot talents, tu sais… ? Il s’agit d’un malade. Rose Mikaëlian devait être une brave femme, il n’a pourtant pas hésité à l’occire d’une manière plutôt sauvage.

Chaudoin posa un regard presque condescendant sur le commissaire.

— Bernard, nous en avons déjà parlé… Dans ce type d’affaire, tu devrais cesser de réagir avec tes émotions. Pour coincer ce type de meurtrier, fais preuve de la plus parfaite objectivité. Ses meurtres sont épouvantables, bien sûr. Mais les qualités évoquées n’ont rien à voir avec la morale. Elles concernent sa capacité à concevoir le mal. Nous devons entrer dans son psychisme…

Mancini soupesa les paroles de son ami. Jérôme avait souvent raison. Il possédait une belle finesse de jugement. Psychologue, habile tacticien, sa longue carrière l’avait habitué à pénétrer le monde du crime depuis le point de vue de l’assassin. Le commissaire n’était pas du même acabit. Il jugeait les meurtriers selon ses propres critères. Bien entendu, il ne faisait pas l’impasse sur l’étude du caractère, mais il n’allait pas jusqu’à apprécier un beau meurtre. Pour lui, tous se valaient : ôter la vie relevait du plus sauvage, du plus bestial des comportements. Un assassin n’avait rien de beau. Il tuait. Point Final. Son métier de flic était de l’attraper pour le livrer à la justice. Des règles du jeu simples, sans fioritures.

Il évoqua la mystérieuse cliente de Serge Mikaëlian. Hélas, chou blanc sur toute la ligne. Aucune trace d’elle : pas de carte bleue, pas de billets pour les empreintes… À tout hasard, les techniciens avaient procédé à des relevés dans le magasin, mais sans illusion : elle s’était contentée de manipuler le jeu de tarots qu’elle avait emporté. Pour clore le tout, personne ne l’avait remarquée aux abords du magasin. La police possédait donc, en tout et pour tout, un simple portrait-robot élaboré d’après les souvenirs du libraire. La piste ne valait pas grand chose : de son propre aveu, le pauvre était sous le charme. Sa mémoire visuelle n’avait pas suivi. Il n’était plus sûr de rien. Peut-être des yeux marron, des lèvres charnues, et encore… Quant aux cheveux, au nez : il en gardait une vague image, certainement idéalisée…

— Ah, ce sont des choses qui arrivent, Bernard ! Les transports de l’amour rendent aveugle… rigola Chaudoin.

— Peut-être… En attendant, on a perdu toute trace d’elle.

Il marqua une pause, puis évoqua l’éventualité d’une supercherie impliquant la fameuse masseuse danoise droguée à la morphine. Après tout, elle avait parfaitement pu se mettre en scène en simulant son agression…

— Et donc ? questionna Chaudoin, surpris.

Mancini esquissa un geste de dépit.

— Donc, on a discrètement enquêté sur elle, son passé, ses habitudes. Résultat des courses : elle n’a aucun lien avec le chercheur. Blanche comme neige. Elle a bel et bien été victime d’une agression.

— Voilà qui est réglé, se réjouit presque l’ex-archiviste. Honnêtement, je ne croyais pas trop à cette piste, Bernard. Par contre, une question me vient à l’esprit. Pourquoi endormir le bonhomme avant de l’étrangler ? Il aurait été plus simple de mettre dans une seringue un produit létal, non ? fit-il, penché sur son assiette, prêt à attaquer une grive copieusement lardée.

Farcie d’un petit mélange porc et bœuf parfumé au thym et aux baies rouges, elle dégageait un irrésistible attrait… L’air inspiré, il entreprit de la découper. — L’assassin voulait certainement le faire parler, assura Mancini en entamant à son tour le volatile dont la chair était imbibée par le lard fondu.Il plongea une cuillère dans la saucière et nappa le tout de son jus parfumé à l’ail confit. Chaudoin demanda pourquoi. La victime avait des révélations intéressantes à faire ?

— Certainement. Une étrange histoire, d’ailleurs… Il travaillait en secret sur un mystérieux produit. Une commande directe de son patron, le propriétaire de Lacydon-Chimie. Un certain Ulrich Füssli.

Chaudoin posa sa fourchette, fronça les sourcils et fit un effort de mémoire.

— Füssli… Füssli… Le fameux financier suisse ?

Mancini en resta bouche-bée. Comment pouvait-il connaître ce type ? Lui-même en avait entendu parler pour la première fois lors de sa visite à Lacydon-Chimie. Chaudoin prit un air amusé, tout en se servant un autre verre de vin. Il lisait la presse, déclara-t-il, radieux. Füssli avait longuement fait parler de lui un an auparavant. Son laboratoire, Lacydon-Chimie, avait mis au point un antipsychotique, présenté comme révolutionnaire : le Sédanyl.

Hélas, le succès n’avait pas été au rendez-vous. Des tas de gens avaient frôlé la mort de près après avoir ingurgité une dose dite moyenne. Le médicament déclenchait des arrêts cardiaques. Le Suisse avait fait retirer le produit, mais n’avait pas été condamné : ses avocats, des pointures internationales, avaient démontré l’absence de lien direct entre les affections graves décelées chez les malades traités et les petites pilules. Il avait finalement été relaxé…

— Je vois. Un personnage plutôt inquiétant. Bon sang ! Que pouvait-il manigancer avec Saint-Martin ? s’énerva Mancini.

— Ma foi, pas besoin d’être devin, non ? Ton chercheur conduisait des recherches secrètes. Rien de bien reluisant, donc. Mais dis-moi, une idée me traverse soudain l’esprit. Au lieu de faire des tas de conjectures, si tu l’interrogeais, ce Suisse pas très clair… ?

Mancini délaissa ses grives. Tout en se servant un grand verre de vin, il ajouta :

— Pas aussi simple, Jérôme… Pour l’instant, je n’ai absolument rien contre lui. On m’a simplement rapporté les recherches de Frédéric Saint-Martin. Il n’a laissé aucune trace, pas le moindre document. Sous quel prétexte pourrais-je demander aux collègues suisses l’autorisation d’aller chez eux afin d’interroger ton banquier… ?

Chaudoin acquiesça. Il parla alors des tarots. N’avait-on pas retrouvé une carte, près du corps ? Mancini, à la fois déçu et soulagé, confirma l’absence de signe. Après tout, peut-être ce nombre XV chez Rose Mikaëlian était-il une simple coïncidence et n’avait aucun rapport avec le meurtre ?

Jérôme Chaudoin en convint et retourna à ses grives. Mais le commissaire remarqua son petit air ironique. L’ex-archiviste pensait exactement le contraire.

© ipagination, 2016

<p><span style="font-size: 11pt;">Bernard Matteï est un touche-à-tout. Dans sa jeunesse, il a tâté du manche des Gibson en créant son propre groupe de rock, puis a orienté son appétit de création vers la peinture et les expositions en galerie avant de se tourner vers la photographie. </span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">Mais son goût pour les mots, les phrases, les histoires demeure son authentique passion. Il a donc décidé de se consacrer entièrement à l’écriture.</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">Véritable dévoreur de livres, tous les genres l’intéressent : le roman noir, le polar, la science-fiction, le fantastique, le roman historique, les livres documentaires, la bande dessinée…</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">Parmi ses auteurs de prédilection, on retrouve Valerio Evangelisti, Pierre Magnan, Karen Maitland, Bernard Werber, Eiji Yoshikawa, Cavanna…</span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">De son passé de peintre et de photographe, il conserve un véritable goût pour l’image que l’on retrouve dans son écriture : visuelle, scénarisée, presque cinématographique. </span></p>
<p><span style="font-size: 11pt;">Asseyez-vous, ouvrez <em>Tarots</em> : la séance commence… </span></p>

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