La langue de l'amour (version papier)
  • La langue de l'amour (version papier)

La langue de l'amour 1 (version papier)

Prix
9,90 €
TTC

L’amour est poème, le poème est le verbe, constamment réinventé, depuis l’origine.

Auteurs : Roselyne CROS, Charles-Édouard GARCIA, Pierre-Étienne GIRARD, Antoine JALABER, JASPEER, Élisabeth LARBRE, Jérémie MONRIBOT, NESSIM

Prix TTC : 9,90 €

Quantité

L’amour est poème, le poème est le verbe, constamment réinventé, depuis l’origine.

L'amour est ici décliné dans l’infinité des possibles de la langue poétique : langue de l'amour pour conjurer les solitudes incontestables de notre société, langue de l'amour pour éviter les oubliettes du temps où risque de sombrer ce qui a été et qui doit rester à jamais gravé dans les cœurs, langue de l’amour qui recrée l'attachement familial, qui exprime tantôt l'unique raison d'être et d'avoir été, tantôt la totale déraison de la passion, langue de l’amour, ce sentiment le plus célébré, mais aussi le plus maudit, langue de l'amour, qui retrace des trajectoires qui auraient pu rester inédites, qui explore sans cesse de nouveaux territoires, qui invente sur chaque page de nouveaux hymnes...

Écoutons la langue de l’amour célébrer en ce recueil ce qui nous porte aux émotions les plus puissantes, les plus douces, et les plus violentes.

9782367910291

Fiche technique

Hauteur
204 mm
Largeur
134 mm
Poids
160 g
Nombre de pages
118 p
Format
Papier
Genre
Poésie
Auteur
Roselyne CROS, Charles-Édouard GARCIA, Pierre-Étienne GIRARD, Antoine JALABER, JASPEER, Élisabeth LARBRE, Jérémie MONRIBOT, NESSIM
Année parution
2014

Dans de nombreux pays, on le prétend français

Mais l’amour ne fleurit pas seulement dans nos prés.

Non, il n’est attaché à aucune nation

Il parle l’italien, le turc et le hongrois

Et ce qui est certain, c’est qu’il est un grand roi

Car c’est bien sans compter qu’il donne sa passion.


Il parle avec justesse, avec sincérité

À tous ceux qui se pressent à venir l’écouter.

Ses discours sont légende, sa présence illumine,

Il les dit en anglais, en grec ou en arabe

Les petits mots simplets ou les douces syllabes

Dont beaucoup appréhendent la saveur amérine.


On le rattache à tort, de par le monde entier,

À un certain folklore qui ma foi me déplaît.

Doit-il pour exister montrer ces cadenas

Ou ces objets communs que l’on s’offre à la pelle ?

Faut-il au Pont des Arts s’attacher à la belle,

Pour son minois sucré tout promettre à tout-va ?


Il ne possède rien, aussi libre que l’air,

Personne ne le tient durant sa vie entière.

Parfois vous le verrez, à côté de la route

Seul ou accompagné et toujours sifflotant,

Vagabonder, errer, cheveux aux quatre vents

Répandre la tendresse à tous ceux qui l’écoutent.

(Jérémie MONRIBOT, Les visages de l’amour)

*****

Mon dieu qu’il était laid, mon vieux qu’elle était laide, ce couple de hideux, de monstres des gargouilles tous les deux se traînant la même jambe raide et ce même visage à sourire de grenouille.

Rien ne fut jamais dit, pour unir ces deux sorts,Il a quand même fallu qu’une nuit de hasard,Vénus pleine d’ironie unisse ces deux corpsÀ l’angle de deux rues inondées de brouillard.Un rayonnement profond allait les engloutirTous deux au même puits, d’où naîtra leur histoireAu point qu’aucun ne veuille jamais plus mourirEt vienne à supporter l’image de son miroir.

Mon dieu qu’il était laid, mon vieux qu’elle était laide, ce couple de hideux, de monstres des gargouilles tous les deux se traînant la même jambe raide et ce même visage à sourire de grenouille.

Vois-tu pas, que d’un coup, ces prétentieux amantsSe découvrent d’amour, se font communs projetsEt puis se croire heureux, se vouloir des enfantsSe vivre tous les jours, des nuits d’éternitéIl fallait agir, deux laids c’est bien mignonPourvu qu’ils s’isolent, qu’on ne les voie pas tôtMais surtout pas qu’ils viennent inonder de laideronsNotre si belle cité où ils sont déjà de trop.On réunit conseil, on tient maintes plaidoiriesL’histoire en polémique faisait chaque jour récolteOn évoqua l’avenir, la science, l’écologieOn rallumait les braises du feu de la révolte.

Parce qu’il était trop laid, et elle bien trop laide, il leur fut refusé un jour de s’accoupler afin que nul enfant, nul vieux ne décède en ayant vu un jour progéniture de laids. Et pour être certain qu’ils ne puissent enfanter on vota une loi et on la fit paraître disant que si un jour l’enfant venait à naître chacun serait en droit de vouloir le tuer.

(NESSIM, Teste amant)

*****

Alors je me déclare, à la mine de plomb,

En ado scribouillard, ânonne ma chanson,

Une trébuche en prose, ou grotesque rimée,

Eh Dieu comme l’on ose, lorsque l’on croit aimer.


Mâtinée d’empathie, ta réponse me fige,

Une page et demie pour ce non qui m’inflige

La première leçon sur l’amour confessé,

Tactique de garçon, erreur de nouveau-né.


Trop jeune pour ces glyphes, je les reçois biaisés,

Vois mon règne naïf bêtement renforcé,

Le corps miné d’ardeurs, te dédiant ses râles,

L’esprit tourné d’honneurs, de filles piédestales.

(Charles-Édouard GARCIA, La réponse des Parques)

© iPagination, 2014