Il serait une fois
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Il serait une fois (version papier)

Prix
9,90 €
TTC

Que sont nos villes devenues ? Et leurs habitants aussi ? Tels sont les questionnements des personnages issus de ces sept contes qui tous, se déroulent au XXIIe siècle.

Auteurs : Tom ARIAUDO, Anne-Lorraine BARNIER, Patrick BERT, Aurélie FISCHER, Jacques HUIBAN LAGROIS, Antoine LEFRANC, Jean-Luc MERCIER.

Prix : 9,90 € TTC

Quantité

Que sont nos villes devenues ? Et leurs habitants aussi ? Tels sont les questionnements des personnages issus de ces sept contes qui tous, se déroulent au XXIIe siècle. Vous y rencontrerez un nuage maléfique, un savant défiguré, un éplucheur de carottes, un sauveur de rêves, vous enfilerez des colliers magiques, tremblerez dans d’interminables souterrains, serez poursuivis par un jeu en 6 D et participerez, avec la complicité d’un mammifère à poils roux, à la plus grande évasion de tous les temps. De quoi ravir petits et grands.

9782367910246

Fiche technique

Hauteur
204 mm
Largeur
134 mm
Poids
190 g
Nombre de pages
139
Format
Papier
Genre
Contes & fables
Auteur
Tom ARIAUDO, Anne-Lorraine BARNIER, Patrick BERT, Aurélie FISCHER, Jacques HUIBAN LAGROIS, Antoine LEFRANC, Jean-Luc MERCIER
Année parution
2014

Il arriva par une triste journée de printemps. Le ciel gris pesait lourdement sur la ville. Pas un oiseau ne chantait, pas un enfant ne jouait. Il s’approcha d’un homme assis sur un banc. L’homme tenait son visage dans ses mains, l’inconnu lui demanda :

— Que fais-tu, brave homme ?

L’homme releva la tête, il semblait triste et fatigué.

— Rien, il n’y a rien à faire ici.

— Pourtant, quelqu’un m’a dit que je trouverais du travail, dit l’inconnu.

— Et bien, il s’est trompé. Depuis que l’ancien maire a disparu, rien ne va plus. Le centre-ville est un embouteillage perpétuel, une odeur permanente de poubelles plane sur la ville, les enfants ne jouent plus et même les oiseaux ne chantent plus.

— Qui était votre ancien maire et comment s’appelle le nouveau ?

— L’ancien maire était La Joie de Vivre et le nouveau s’appelle La Triste Réalité.

L’inconnu sourit.

— Je suis bien à ma place ici et je vais avoir du travail.

— Comment ? Mais qui es-tu donc ?

— Moi, je suis Le Semeur d’Espoir et j’ai besoin de ton aide.

(Patrick BERT, Le Semeur d’Espoir)

*****

Quand Clémence se relève, ses parents ne sont plus là ! Ils ont continué à marcher ! « Ils ont dû tourner dans le couloir à droite, se dit-elle. Ou bien est-ce à gauche ? » Indécise, elle prend le passage de droite, suit un panneau orange puis monte deux escaliers, se glisse sous un tourniquet et marche tout au bout d’un très long couloir… mais toujours pas de trace de Papa ni de Maman ! Peu à peu, les couloirs se vident et quelque temps plus tard, la station est devenue déserte… Il n’y a plus personne autour d’elle.

Elle continue de marcher le long des grands panneaux publicitaires quand soudain, un homme l’interpelle :

— Que fais-tu là, petite fille ? L’homme est perché sur un escabeau et tente péniblement d’atteindre le haut d’une affiche. Il porte une casquette colorée. D’une main, il se tient à l’escabeau. De l’autre, il tient un grand pinceau qu’il plonge régulièrement dans un seau. Avec son air sombre et sa drôle d’allure, il est un peu effrayant. Clémence n’ose pas lui répondre.

— Es-tu perdue ? lui demande alors doucement le colleur d’affiches.

— Oui…, répond timidement Clémence.

— Les portes du métro sont fermées à cette heure-ci, tu vas devoir passer la nuit dans les souterrains. Mais tu ne peux pas rester à Châtelet-Les Halles, c’est trop dangereux.

— Trop dangereux ?

(Anne-Lorraine BARNIER, Clémence dans le métro)

*****

— Vous êtes déjà venu ici, monsieur Jim ?

— Oh oui, j’y ai même habité il y a fort longtemps, David.

— Mais pourquoi êtes-vous parti vous installer dans la vieille ville ?

Ils entrèrent dans un salon de thé. David n’avait jamais vu un tel luxe : les serveurs eux-mêmes semblaient habillés comme des princes. Partout, ce n’étaient que grands miroirs et lustres recouverts de paillettes d’or. Monsieur Jim s’installa à une table et commanda deux cafés. On les servit dans des tasses de fine porcelaine.

Après quelques instants, monsieur Jim s’approcha de son assistant et lui chuchota à l’oreille :

— David, tu te souviens du jour où l’on s’est rencontrés ? Je t’avais fait promettre de ne plus jamais nuire à autrui.

— Oui monsieur Jim, et je vous jure que je ne l’ai jamais fait.

— C’est bien, mon petit, mais pour aujourd’hui, j’aurais besoin que tu oublies cette promesse.

(Antoine Lefranc, Les gélules de monsieur Jim)

*****

Bleucapie, une timide enfant aux boucles blondes, la plus jolie qu’on eût su voir depuis le Petit Chaperon Rouge, s’ennuyait tant à la maison qu’elle décida de sortir en cachette pour se rendre au parc. Vêtue de sa capeline bleue à pois blancs ayant appartenu à sa grand-mère et qui lui avait valu son surnom, elle se glissa dehors, sans bruit, pour ne pas alerter ses frères, ses sœurs et ses parents. Aucun d’eux ne comprenait son affection pour ce lieu délaissé. Tous voyaient une décharge à la place d’un monde merveilleux où elle se sentait bien. Elle se cachait derrière les buissons et restait là, silencieuse, à observer la nature. Les oiseaux chantaient ou échangeaient d’aimables paroles sur la beauté de leur plumage. Les abeilles, les bourdons et les papillons virevoltaient entre les rayons du soleil. Elle seule voyait que tout cela était beau. Après avoir fixé son masque, elle traversa la ruelle qui la séparait du parc et s’engouffra sous les arbres.

Un silence lourd régnait. Affolée, Bleucapie se mit à chercher les moineaux, les merles et les mésanges dans le creux des souches mortes, dans les ruines du kiosque à musique et dans les endroits qui leur servaient de cachette, mais elle ne les trouva pas. À bout de forces, elle s’assit sur l’un des bancs abîmés bordant le lac. Des larmes brillèrent sur ses joues empourprées et tombèrent lourdement, comme des gouttes de pluie.

(Aurélie FISCHER, Bleucapie et le petit moineau)

*****

À présent, elle escaladait la butte au milieu du parc en souriant. Kjell l’y attendait, les yeux levés vers le ciel. Là-haut, un grand dirigeable orange, un de ses préférés, fendait tranquillement les airs. Il se découpait nettement sur le bleu du ciel et le blanc des immeubles entre lesquels il flottait avec une sorte de grâce. Puis le garçon entendit du bruit derrière lui et se retourna pour saluer Heidi.

— Tu sais, lui dit-il alors qu’ils s’asseyaient pour regarder le dirigeable ensemble, j’ai réfléchi hier soir, et je me suis dit que si la Solitude empêche les gens de se tenir chaud comme hier, si elle les force à se marcher dessus, alors elle est méchante. Non ?

La jeune fille hésita, mais acquiesça.

— Alors, continua Kjell, il faudrait aller lui dire d’arrêter.

— Mais la solitude, ce n’est pas une personne...

— Pourquoi ? Qu’est-ce que c’est alors ?

— Hé bien, c’est un sentiment. Comme la joie ou la tristesse. C’est abstrait, ça n’existe pas vraiment. C’est comme si tu voulais rencontrer le Temps, ou la Mort. Ce sont juste des noms.

(Tom ARIAUDO, La Solitude)

*****

Tout aurait pu continuer ainsi mais un jour, un homme cravaté et habillé d’un costume plus noir que l’encre a sonné à la porte d’entrée de notre appartement.

— Bonjour monsieur, je viens porter à votre fils l’ordinateur qu’il a gagné lors du concours du supermarché situé dans votre quartier, avec les félicitations de notre enseigne qui lui offre aussi l’accès Internet.

— Je crois qu’il y a erreur, nous n’allons pas au supermarché et je ne me souviens pas avoir joué à une tombola quelconque…

— J’ai pourtant ici votre fiche remplie, vous voulez bien en prendre connaissance ? Vous savez, il arrive que des gens jouent pour d’autres, ce qui est sans doute le cas.

— Je ne crois pas, et mon fils n’est pas en âge de rester à pianoter sur un ordinateur.

— Demandez-le-lui…

(Jacques HUIBAN LAGROIS, Le griot céleste)

*****

Assis sous les arbustes, je caressai ses longs poils soyeux. C’était très apaisant. De temps en temps, à quelques mètres de là sur le trottoir, de l’autre côté de la grille, côté ville, des gens passaient seuls et courbés, ou en petits groupes, mais personne ne nous remarqua. Il fallait attendre que cessent ces va-et-vient, que la ville se calme avant de fuir en toute impunité. J’ai failli éclater de rire lorsque Pongo tendit la main pour s’approprier le uuuuu uuuuu uuuuu uuuuu uuuuu que le vent faisait tout en haut des grilles. S’accaparer le bruit du vent… il fallait oser ! Je ne pouvais plus voir ses yeux dans le noir, et je me suis demandé s’il avait attrapé ce son parce qu’il lui plaisait, ou juste pour s’amuser.

Malgré quelques changements de position, le temps semblait infiniment long. Selon mon écran ongulaire – un gadget ridicule que ma mère avait tenu à me faire poser à la place de mon ongle naturel –, cela faisait presque quatre heures que nous attendions. Il était 1 h 22. Il n’y avait presque plus de bruits dans le zoo, tous les animaux semblaient assoupis. Dans la rue les passants avaient tous disparus ou presque, les voitures se raréfiaient. Bientôt la liberté !

(Jean-Luc MERCIER, Pongo)

iPagination, 2014

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09/08/2014

A mettre entre toutes les mains

Un recueil de contes pour petits et grands remplis d'imagination et de dépaysement. Ne le laissez pas dans votre bibliothèque mais emportez-le partout avec vous car il pourra se lire et se relire avec grand plaisir à tout instant.

09/08/2014

Très cher éplucheur de carottes !

Les contes ont été classés par ordre d'accessibilité, les plus petits enfants trouveront leur satisfaction dans les premiers. Pour ma part et suite à plusieurs lectures, je reste une inconditionnelle de l'éplucheur de carottes.