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Prétendre à l'humanité (version papier)
  • Prétendre à l'humanité (version papier)

Prétendre à l'humanité (version papier)

Prix
17,50 €
TTC

Roman gagnant du concours de polar organisé par iPagination.

Auteur : Denis DELEPIERRE

Prix : 17,50 € TTC

Quantité

Depuis plusieurs mois, l’inspecteur Pasquier, flic vieillissant et opiniâtre, suit la piste d’un tueur en série qui massacre ses victimes selon le même mode opératoire. Lorsque Franck Muller, un scientifique aisé, meurt à son tour des mains de ce psychopathe, sa fille Solène, hantée par l’image d’un père qu’elle n’a pas vraiment connu, décide d’enquêter de son côté.

Au cours du chassé-croisé qui l’oppose au policier, la jeune femme se heurte à bien des mystères. Son père était-il un homme bien ? À quoi s’occupait-il dans ce laboratoire surprotégé ? Et qui est cette intrigante inconnue qu’il semblait tant apprécier ?

D’une réponse à l’autre, Solène réalisera combien les zones d’ombre de Franck Muller pourraient lui en apprendre davantage sur elle-même…

9782367910741

Fiche technique

Auteur
Denis DELEPIERRE
Hauteur
204 mm
Largeur
134 mm
Poids
380 g
Nombre de pages
296
Genre
Roman policier
Année parution
2017

Le bâtiment principal de la station était en briques rouges. Sa porte-tourniquet avait disparu, ne laissant qu’un grand vide rectangulaire qui dévoilait un intérieur décrépi. L’ayant contourné, Pasquier découvrit les vieux quais, entre les dalles desquels les herbes folles, pour la plupart desséchées, s’étaient autrefois livré bataille. Il n’y avait que quatre voies aux rails rouillés, posées sur un lit de graviers étouffé par la végétation parasite, qui s’étiraient vers un horizon d’arbres et de rares bâtiments. Au-delà, c’était la campagne, et au bout de plusieurs kilomètres, la forêt de Clairebande.

Il remonta le premier quai, cherchant le hangar des yeux. Il lui fallut un moment pour repérer une structure triangulaire qui émergeait de la cime de lointains peupliers. Ce bâtiment se trouvait à l’écart des voies, dans l’axe d’un chemin de terre qui disparaissait entre les troncs et les fourrés. L’inspecteur descendit prudemment sur les voies et entreprit de le rallier.

Il franchit un terrain vague accidenté, encombré de détritus métalliques rouillés. Il longea la carcasse d’une voiture depuis longtemps débarrassée de tous ses composants de valeur et passa au large d’une ancienne remise à outils en briques dont la porte ne tenait plus que par un gond. Il s’essoufflait. À soixante et un ans, il n’avait plus la vigueur de ses jeunes années. Néanmoins il maintint le rythme jusqu’au chemin de terre, et s’enfonça dans un décor de taillis et de jeunes arbres. Quelques minutes plus tard, il atteignait enfin le hangar.

La construction, faite de tôles et de briques, ne présentait rien de particulier. Une épaisse porte coulissante en barrait l’accès, maintenue par une lourde chaîne cadenassée en acier inoxydable. Ayant remarqué une entrée plus modeste sur la droite, le flic marcha vers elle après un moment passé à observer le hangar et à écouter les bruits environnants. Rien d’autre que le chant des oiseaux. Les mauvaises herbes infestant le chemin de terre n’avaient pas été piétinées récemment, à l’image de celles au pied de la bâtisse. Apparemment, il n’y avait personne. Arrivé près de la porte qu’il visait, il découvrit que sa poignée et sa serrure avaient été arrachées. Il la poussa de deux doigts prudents et traversa un petit sas jusqu’à l’intérieur.

La faible luminosité du dehors renforçait la pénombre ambiante, mais il repéra tout de même aisément les lieux : la charpente de madriers en métal, à dix mètres au-dessus, le sol de béton sale et les compartiments délimités par des cloisons de tôle, au fond. Il avança. En dehors des cloisons vers lesquelles il se dirigeait, il n’apercevait rien de notable aux alentours. Dans un lieu utilisé pour des réunions, il aurait dû trouver un semblant de mobilier, même primitif. Or il n’y avait rien. Laurence Robin avait vu des gens se rassembler ici, mais c’était il y a plus de deux ans. Possible qu’ils eussent modifié leurs habitudes, depuis le temps.

Hauts de près de trois mètres, les panneaux métalliques se répartissaient parallèlement, de manière à isoler trois rectangles de surface fermés par le mur du fond. Sur l’un d’eux, il aperçut une tache blanche géométrique, de la taille d’une photo. Il s’en approcha.

C’était bien une photo, aux couleurs passées. Scotchée à la cloison, elle affichait le visage d’un jeune homme qui souriait crânement. Il s’en empara et la rangea dans un sachet étanche. Ensuite il observa en détail les alentours, passant d’un compartiment à l’autre. Il eut la surprise de trouver plusieurs autres photos de tailles diverses, éparpillées sur le sol. Toutes, sans exception, copies de celle qu’il avait prise. Le même jeune homme, le même sourire.

Un bruit l’alerta soudain, un frottement bref sur le béton crasseux. Cela provenait d’au-delà du troisième compartiment, à quelques mètres de sa position.

— Il y a quelqu’un ? lança-t-il.

Aucune réponse, mais il savait ce qu’il avait entendu.

— Je suis de la police. Ne faites rien d’idiot.

Toujours rien. Il avança vers l’extrémité du troisième compartiment, la franchit. Il aperçut alors la personne qui s’était trahie en traînant son pied ou autre chose sur le sol. C’était une femme aux cheveux courts, au visage noirci de suie. Elle le regardait fixement, de deux grands yeux ronds vides d’expression. Ses mains posées contre la cloison du compartiment étaient fortement crispées. Elle respirait à peine, tendue, comme prête à bondir. Il lui demanda de décliner son identité, mais n’obtint pas plus de réponse que précédemment. Juste ce regard vide que contredisait son attitude concentrée.

Au bout d’un moment, elle se recroquevilla, tassée contre la cloison, et se mit à pleurer, geignant et baragouinant d’inintelligibles propos. Pasquier, qui avait redouté de la voir se jeter sur lui, fut décontenancé. Il resta là à la regarder, indécis. Elle était clairement en état de choc.

— Essayez de vous calmer, dit-il. Je vais vous trouver de l’aide.

Il appela son collègue Émile Verner, lui indiqua sa position et lui demanda de lui envoyer fissa une ambulance et des gens du labo. Finalement, il l’avait peut-être bien dégotté, son début de piste.

© iPagination, 2017

Né en 1984 à Mons, en Belgique, Denis Delepierre a rapidement découvert son désir de construire et de mettre en scène des histoires.

Durant une bonne partie de son enfance, il s’est vu dans la peau d’un auteur de BD et a illustré une dizaine de récits avant de se tourner, au début de son adolescence, vers l’écriture.

Avec le temps, ce violon d’Ingres est devenu une passion. Aujourd’hui, il multiplie les projets en s’essayant à différents genres, du délire introspectif au roman d’horreur, en passant par le polar, le fantasy et le fantastique.

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