Hindouisme, éclairages sur une civilisation (version papier)
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Hindouisme, éclairages sur une civilisation (version papier)

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Une invitation au voyage parmi les multiples possibilités que l'approche du thème aurait pu permettre...

Auteur : Soomant CALLIKAN

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Ce livre reconstitue la grande trame de l’hindouisme, de l’évolution de ses concepts et de ses pratiques depuis les premières traditions orales qui ont cimenté et fédéré la vaste civilisation de l’Indus.

À la somme immense de ces hymnes fondateurs se succéderont au fil des millénaires les réflexions de métaphysiciens, de philosophes et de religieux qui vont élargir ces bases, fertiliser les croyances des peuples limitrophes et, finalement, mener à l’hindouisme d’aujourd’hui et ses manifestations.

Ses capacités d’adaptation et de réforme, donnant même naissance à d’autres grandes branches de la spiritualité comme le bouddhisme ou le sikhisme, lui ont permis de surmonter les vicissitudes de l’Histoire.

Cet ouvrage entend s’adresser tant au néophyte qu’au lecteur plus averti. L’objectif étant de rester accessible à tous, chacun pourra découvrir, approfondir et comprendre davantage la culture, la spiritualité, les traditions et les complexités de l’Inde face aux défis des temps présents.

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9782367910697

Fiche technique

Hauteur
204 mm
Largeur
134 mm
Poids
600 g
Nombre de pages
476
Année parution
2017

Le terme sanskrit Veda signifie Connaissance. En résumé, avec leurs mots archaïques, les hymnes des Védas et du Rig-Veda, en particulier, sont à la fois une Révélation et une véritable Révolution.

Leurs racines, puissantes et mystiques, sont déjà dans les versets du Rig-Veda (en particulier RV 1.140 à 164) du seer Dirghatamas, sans doute le plus fin observateur astronomique de l’Antiquité, en tout cas celui qui aura laissé des écrits explicites bien que dans un langage voilé fait de métaphores, avec un vocabulaire limité et antique mais accessible aux spécialistes.

9… Celui qui ne connaît pas l’Être que je chante, ne comprendra rien à mon hymne. Ceux qui le connaissent ne sont pas étrangers à cette réunion...

Ce deuxième verset (Langlois, p. 149), très explicite, est fondamental pour la compréhension du sens réel du Rig-Veda dans son ensemble.

… derrière les mots antiques et les voilages qui tentent d’appréhender et d’exprimer le Mystère, l’insaisissable, il semble que pour les seers certains éléments soient indispensables :

– une conviction profonde en l’existence d’un Éternel, impersonnel, absolu, abstrait, indescriptible : TAT, Cela. Ou TAD EKAM, l’Éternel Unique

À la Création, se manifesta Hiranyagarbha, L’Être de Lumière et d’Énergie,
Maître des plans invisibles et visibles de l’Univers, moteur du souffle de l’Éternel,
Celui qui est source de la Création, des dieux et des hommes,
des Trois mondes et des Lois qui les régissent...
Celui qui va créer la Connaissance Universelle et Agni...

La Parole sacrée, le ritam, l’Ordre divin, et dharma, le Devoir, constituent une mystique et majestueuse trinité d’origine qui imprègne et nourrit l’Univers dès sa création.

Le souffle du divin, de l’Esprit, du sacré est dans l’homme, c’est une évidence pour les seers védiques.

9... [Agni] le messager du sacré, puisse-t-il nous conférer la Connaissance !
Résidant au cœur de l’homme, il est notre lien indéfectible avec les Cieux
et avec notre parcelle du Divin.

… la dualité, les dieux et les démons, le bien et le mal sont donc consubstantiels de la Création et en opposition permanente.

Ce qui est certain pour le Yajman, c’est le concept védique qui s’assimile à gravir, au cours de sa vie, les sept plans de sa psyché, étape par étape, niveau par niveau, chaque niveau étant régi par une deuxième naissance d’Agni, héraut et invocateur des divinités, des forces cosmiques régissant ce palier.

10... Puisse Agni – car il connaît la Voie – nous guider vers la béatitude divine,
cette Sagesse que les Puissances Immortelles ont connue,
que Dyaus, que notre Père, le Créateur, la fasse pleuvoir sur nous !

Voyage intérieur, pèlerinage ou sacrifice sont les traductions les plus fécondes du concept de Yaj, qui va être au cœur du symbolisme et des rites des Védas.

... Je compte observer la Loi, Seigneur des Lois, Ô Agni ! Puisse la Force conditionner mes efforts et le succès les couronner ! Des Ténèbres je pénètre le domaine de la Vérité...

Décidément, les versions et traductions littérales ne rendent pas justice aux seers védiques, à leurs observations et concepts, certes exprimés en termes voilés et mystiques. La compilation écrite vers -3500 de cette Tradition en fait le plus volumineux et le plus ancien texte sacré de l’humanité.

La civilisation védique-harappéenne, avec ses réalisations propres, avec une langue, le sanskrit védique, avec des connaissances certaines en sciences, avec un corpus commun de croyances, de règles de vie et de cultes, avec une organisation sociale efficace, connaîtra une expansion remarquable. Les Védiques-Harappéens étaient des peuples variés participant à ce même univers « aryen », celui du Saptasindhu, qui allaient migrer, fertiliser et rayonner vers d’autres horizons et d’autres espaces. Ces interactions légueront la grande famille des langues indo-européennes, une diffusion des fondements de sa vision cosmique, religieuse et spirituelle se mélangeant aux substrats existants d’autres peuples, d’autres croyances et d’autres temps.

Face à ces défis, dans la nouvelle ère du kali yug, la refondation du védisme, ou, plutôt, la naissance de l’hindouisme va se faire difficilement, dans la diversité et en plusieurs étapes.

Une première vague se dessine, grossièrement dans la période comprise entre -3000 et -1500 […] Grâce à leurs efforts, les strophes et les versets de l’ancien temps vont être remplacés par un double volet :

– les Brahmanas, comprenant des volets philosophiques et métaphysiques mais dont l’essence est ritualiste et liturgique, remplaçant l’ancien Yajur-Veda en réalignant l’Éternel Unique des anciens temps sur le Brahman ;

– les Aranyakas et les Upanisads, élaborations spirituelles et philosophiques qui absorbent le TAT védique, fondent la notion de Brahman, l’Éternel, et ensemencent les concepts métaphysiques de ces périodes nouvelles.

L’atome du souffle divin emprisonné dans l’homme dès le Rig-Veda, libéré par la deuxième naissance d’Agni, se retrouve dans l’atman des Upanisads et du vedanta.

On pourrait également évoquer ici Luc XVII 21 et l’Épître aux Corinthiens, où il est dit dans des temps plus rapprochés : Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?...

Beaucoup trop abstrait, philosophique, spirituel et métaphysique, sans doute, pour satisfaire les attentes de la multitude, et convenir aux prêtres et officiants en quête d’un corpus plus accessible.

Il incombera à une autre génération de sages-métaphysiciens de développer avec les puranas un corpus relativement complet autour de l’Éternel absolu védique (Narayana)…

Cet Absolu, ce Principe Souverain se traduit en facettes transcendantes mais plus accessibles gouvernant les trois étapes de Création-Maintien-Dissolution : Brahma, Vishnu et Shiva.

Les mythes et légendes entourant une variété de devis-devatas viennent compléter un panthéon hindou aux apparences exubérantes, reflets d’une Unité primordiale. Krishna, Rama, Ganesh, Murugan, Shakti, Kali, Durga…

Ainsi, l’Être Suprême, Janárdana, prend la dénomination de Brahmá, Vishńu, et Śhiva, selon son activité de création, de maintien ou de destruction d’un grand cycle (mahakalpa) de l’Univers…

Dans la foulée, cette génération de sages hindous va également produire deux textes d’influence majeure, les « contes épiques » connus comme le Mahabharata et le Ramayana (section 8.6), qui vont s’attacher à expliciter les grands concepts spirituels, métaphysiques et d’éthique de vie que l’hindouisme va intégrer dans un corpus à la fois unique et pluriel.

Par leur aspect intégrant et la profondeur intrinsèque de leurs formulations, ce sont des textes véritablement fondateurs de l’hindouisme contemporain…

Dans l’univers « hindou », le terme s’approchant le plus de religion serait sans doute sanatan dharma, dont la traduction n’est rendue qu’imparfaitement par « Éternelle Vérité ».

Le sanatan dharma reconnaît que :

– l’essentiel de la quête d’un sens du sacré aborde des questions qui se situent bien au-delà des facultés humaines de compréhension et bien au-dessus des dogmes religieux institutionnalisés, c’est l’essence même du terme sanatan, de toute éternité ; c’est le fondement d’une grande tolérance envers toutes les religions et les spiritualités, qui n’est mise à l’épreuve que par le comportement sectaire ou dogmatique de ceux qui tentent d’imposer une Vérité unique, la leur…

J’accueille toutes les existences, nul ne m’est cher ou par moi haï, cependant, ceux qui se tournent vers moi avec amour et dévotion, ils sont en moi et je suis aussi en eux.

Il n’y a ni péché ni faute originelle, sinon un karma cosmique évolutif qui s’applique à toutes les âmes indistinctement. À chacun d’assumer au plus profond le karma dont son âme est le produit et la possibilité, à travers son mode de vie actuelle, son dharma, et d’agir sur ce parcours à venir, après la mort.

Quand bien même tu serais le plus vil des pécheurs, une fois embarqué dans le vaisseau du savoir spirituel, tu franchiras l’océan des souffrances.

Si l’hindouisme est une grande ombrelle de pensées religieuses, spirituelles et métaphysiques, si c’est une variété de voies d’accès au Suprême et à l’Ordre divin, c’est aussi une grande caravane de fêtes populaires et de manifestations socioreligieuses publiques, chacune constituant une occasion d’affermir sa participation à cet univers unique de croyances et de pratiques, sans autorité fédératrice.

C’est ce qui lui confère sans doute la résilience d’une unité profonde sous une diversité d’apparences qui peut égarer beaucoup d’observateurs. Unité à laquelle elle doit sa survie face aux circonstances hostiles et sa vivacité, dont elle aura toujours besoin pour faire face aux difficultés, aux adaptations nécessaires et aux forces d’obstruction et de division, tant internes qu’externes.

En définitive, le dévot hindou peut méditer et prier la Puissance Ultime soit sous forme abstraite, universelle, le nirguna Brahman, soit sous forme de la trimurti hindoue, soit encore sous forme d’un devata personnel, représentant plus proche et plus personnel du grand mystère du souffle divin (Ganesh, Durga, Kali, Rama, Krishna...).

L’hindouisme n’impose aucun texte, aucun symbole, aucun dogme, aucune école, aucune théocratie ; tous les ruisseaux, tous les fleuves conduisent à l’Océan, à l’Infini. Sa seule obsession, un Homme Éveillé, conscient d’un Être Suprême et se soumettant librement par son mode de vie à une Loi Morale transcendante, ou plutôt, la double loi du karma et du dharma. Une approche d’essence universelle.

© iPagination, 2017

Soomant Callikan est natif de l’île Maurice. Après des études scientifiques à Marseille, à Jussieu et dans les laboratoires du Collège de France s’ouvre pour l’auteur une carrière académique traditionnelle. Les mécanismes de la vie le passionnent. Son parcours universitaire s’élargira au secteur privé et à la formation professionnelle, le menant de Maurice au Royaume-Uni et à l’Australie avec plusieurs missions en Afrique, à Madagascar et en Inde.

Inévitablement, l’auteur est amené à dépasser son horizon scientifique pour s’intéresser aux savoirs, aux cultures et aux traditions des peuples qu’il rencontre et à leur transmission. Ce cheminement l’amène à approfondir sa connaissance des origines, de l’évolution et de la richesse symbolique des grands concepts de l’hindouisme afin d’en partager les éléments essentiels, notamment avec le monde francophone.

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